Anarchie dans l’orpaillage à siguiri : les vrais coupables sont libres, d’autres vont croupir en prison à leur place!

Depuis le 30 octobre jusqu’au 04 novembre 2026, les autorités guinéennes ont multiplié des décisions contre les exs administrateurs lacaux, le Gouverneur par intérim, les préfets et les sous-préfets de la région administrative de siguiri. Accusés d’avoir favorisé l’exploitation anarchique de l’or dans leur localité, Ils ont été suspendus de leurs fonctions, radiés de leurs professions et une poursuite judiciaire est engagée contre eux par le procureur spécial de la Cour de Répression des infractions Economiques et Financières(CRIEF), Alphonse Charles WRITH qui vient d’ailleurs de les placer sous mandat de dépôt.
Dans un autre aspect, la situation risque de mettre en branle les tensions diplomatiques entre la Guinée et le Burkina Faso.Parce que dans les images publiées par rapport aux opérations de lutte contre l’exploitation anarchique de l’or à siguiri, on voit les gens parlés d’expulsion du territoire guinéen, des orpailleurs ressortissants de ce pays frère.
Il conviendrait donc, d’analyser minitieusement cette affaire,pour permettre à l’Etat guinéen de comprendre les raisons qui ont provoqué la forte dégradation de l’environnement dans les zones aurifères à Siguiri.
La délivrance d’autorisation d’exploitation artisanale illégale
Tout a commencé pendant le régime de la transition, précisément en 2024.Profitant de la méconnaissant du fonctionnement du secteur de l’orpaillage par les jeunes militaire au pouvoir, des cadres en service au Ministère des Mines et de la Géologie, en complicité avec certains responsables de l’Union Nationale des orpailleurs(UNOG),ont monté de toute pièce un arrêté ministériel, extrapolant les articles du code minier, pour finir par inventer le document appelé « Autorisation d’exploitation artisanale mécanisée de l’or ». Ce document occasionne l’entrée des engins lourds dans l’orpaillage,contrairement aux dispositions du code minier guinéen en vigueur en ce moment.
Cette législation minière reconnaît quatre types d’autorisation :
1-Autorisation de réconnaissance de substances minières ou carrières;
2-Autorisation de recherche de carrières;
3-Autorisation d’exploitation artisanale de substances minières ou carrières;
4-Autorisation d’exploitation de substances de carrières (Autorisation permanente ou temporaire).
Et l’exploitation artisanale de l’or est clairement définie en son sein. « Il s’agit de toute exploitation dont les activités consistent à extraire et concentrer des substances minières et à récupérer les produits marchants par des méthodes et procédés manuels et traditionnels. L’article 57 stipule sur la superficie réservée pour chaque autorisation d’exploitation artisanale. Elle ne doit pas dépasser( ½) un et demi hectare pour l’or .Aussi, dans les périmètres de la superficie, la recherche se limite à une profondeur de 30 mètres en cas d’exploitation par gradin et de 15 mètres en cas d’exploitation par fouilles. Aucun postulant ne doit avoir plus de 2 autorisations pour l’or » mentionne-t-elle.
Ceux qui ont délivré les compromettantes Autorisations d’Exploitation Mécanisée de l’Or, avaient-ils pris en compte tous ces paramettres legaux ? Sans doute, la réponse est non.
La culpabilité de certains cadres du Ministère des Mines et de la Géologie .
Après avoir octroyé les premières autorisations d’exploitation artisanale mécanisée de l’or en 2025, des voies se sont levées dans les médias. L’attention du Ministre des Mines et de la Géologie Bouna SYLLA a été attirée. Mais l’alerte a été défiée et aujourd’hui les conséquences écologiques sont terribles. Des terres sont détruites un peu partout à Siguiri, des cours d’eau pollués et en voie de disparition.Tout cela, Par le fait de l’entrée des engins lourds dans l’orpaillage.
Jusqu’en 2020, l’exploitation artisanale de l’or se faisait des les règles legales en Guinée, et des expatriés burkinabés et maliens entre autres étaient toujours là à exercer cette pratique sans problème majeur. Mais il n’y avait jamais eu de dévastation de l’environnement comme le cas actuel. Ces orpailleurs traditionnels n’ont pas de machines lourdes. Souvent, eux ils vont à la recherche de l’or dans les débris des latérites sur les sites creusés et abandonnés par les utilisateurs des machines poclins.
Le Gouvernement interdit l’activité alors que les gens ont payé l’argent au Ministère des Mines et de la Géologie.
Un opérateur a fait parvenir à notre rédaction, une copie officielle portant octroi d’autorisation d’exploitation artisanale mécanisée à un groupement.1O hectares soient 20 parcelles ont été mis à la disposition de ce groupement qui a payé plus d’1 milliard de franc guinéen pour l’ensemble des frais inclus dans son autorisation. Le paiement de l’argent a été réparti entre le compte bancaire du Bureau National d’Expertise de Diamants, de l’Or et d’autres Matières Précieuses(BNE) et le compte bancaire du Centre de promotion et de Développement Minier(CPDM).
400 demandes d’autorisation d’exploitation artisanale mécanisée de l’or auraient été introduites dans les services du Département des Mines. Plus d’une centaine aurait été octroyée. Avec l’interdiction de l’exercice dans la filière, que fera le gouvernement pour rembourser l’argent des détenteurs de ces documents officiels ?
En Juillet 2026, le parquet spécial près la CRIEF, Alphonse Charles WRITH avait ouvert un dossier pour corruption d’agent public, concussion, faux et usage de faux en écriture publique, blanchiment de capitaux, enrichissement illicite et complicité, pour dégradation de l’Environnement liée à l’exploitation minière illégale à siguiri. Où en sommes-nous dans cette procédure ?
Les responsables administratifs recemment radiés et placés en détention ainsi que les orpailleurs burkinabés dont on aurait expulsés, ont une moindre responsabilité dans la destruction de l’environnement par l’exploiation anarchique de l’or à siguiri.
Les véritables auteurs sont au Ministère des Mines et de la Géologie. Et pour tromper l’opinion publique sur leur culpabilité dans cette affaire, ils prennent part dans tous les communiqués conjoints qui sont publiés portant sur l’interdiction de l’orpaillage.
À l’Etat d’aller les démaquer !
Toumany CAMARA