Prison de Coyah : le calvaire sans fin ? Pas de soins médicaux, 20 000 GNF pour accéder à la cour et 20 000 GNF pour « louer » un pagne
Le calvaire est sans fin à la Maison centrale de Coyah.
Si la desserte en eau et en électricité commence progressivement à s’améliorer, la situation sanitaire reste préoccupante dans cette prison qui compte désormais plus d’un millier de détenus.
À Coyah, il vaut mieux ne pas tomber malade. L’infirmerie manque presque de tout. Certains détenus malades sont couchés à même le sol, d’autres sur les sommiers des rares lits de camp disponibles, sans matelas. Les infirmiers, malgré leur présence, restent démunis faute de médicaments et de matériel médical adéquat.
Le directeur de l’administration pénitentiaire, Gando, a effectivement fait le déplacement ce mardi. Il a visité les cellules et a pu constater lui-même les conditions de détention. En pleine journée, certaines cellules étaient plongées dans une obscurité suffocante. Après le constat, les détenus attendent désormais des actes.
Car le problème est simple , on a transféré les détenus à Coyah, mais les moyens nécessaires n’ont manifestement pas suivi au même rythme.
À cette situation s’ajoutent des pratiques dénoncées par les familles. Selon plusieurs témoignages, des proches de détenus sont contraints de payer 20 000 GNF à certains gardes pour accéder à la cour de la prison lors des visites.
Et ce n’est pas tout.
Les femmes qui se présentent en pantalon au checkpoint installé à l’entrée de la prison, tenu notamment par des éléments de forces spéciales , sont obligées de porter un pagne pour pouvoir entrer. Ce pagne leur serait « loué » à 20 000 GNF.
Si une tenue particulière est exigée pour accéder à la prison, l’administration peut fixer des règles. Mais cette « location » est une arnaque de trop , qui encaisse les 20 000 GNF ? Sur quelle base ? Où va cet argent ?
Même interrogation concernant les sommes qui seraient réclamées aux familles pour accéder à la cour.
La visite de Gando doit donc permettre d’aller au-delà du simple constat. Il faut équiper l’infirmerie, améliorer les conditions dans les cellules et surtout faire la lumière sur ces paiements dénoncés par les visiteurs.
Coyah devait être une solution au problème carcéral. Elle ne doit pas devenir un nouveau calvaire.
Un détenu est privé de sa liberté, pas de sa dignité ni de son droit aux soins.
Affaire à suivre
Gbassikolo
Abdoul Latif Diallo
- Journaliste d’investigation