Ibrahima Sory II Tounkara : « Aucune justice ne peut être crédible si elle ne protège pas ceux qui ne peuvent pas toujours se défendre eux-mêmes »
Dans le cadre de la célébration du Mois de l’Enfant, le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, à travers le parquet spécial du Tribunal pour enfants, a organisé ce samedi à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia une importante séance de vulgarisation du Code de l’enfant et de renforcement des capacités des étudiants et enseignants sur les enjeux de la protection de l’enfance et de la justice juvénile. Réalisée en partenariat avec l’Union européenne et l’ONG Terre des Hommes, cette initiative a été marquée par la mise en scène d’un procès fictif portant sur une affaire de viol sur mineur, offrant ainsi aux participants une immersion pratique dans le fonctionnement de la justice des mineurs.
Présidant la cérémonie en présence de plusieurs personnalités du monde judiciaire, sécuritaire et éducatif, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à faire de la protection des enfants une priorité nationale. Il a souligné l’importance de mieux faire connaître le Code de l’enfant, de renforcer les mécanismes de protection judiciaire et de promouvoir une justice plus humaine, accessible et protectrice, tout en appelant la jeunesse universitaire à devenir des ambassadeurs des droits de l’enfant pour bâtir une Guinée plus juste, plus solidaire et respectueuse de la dignité humaine.
lerenifleur224.com vous propose l’intégralité du discours du Garde des Sceaux

C’est avec un profond sentiment d’honneur, de responsabilité et d’espoir que je prends la parole ce matin dans cet amphithéâtre de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, haut lieu du savoir, de la réflexion et de la formation des générations qui bâtiront la Guinée de demain.Je me tiens devant vous au nom du Gouvernement sous la claire conduite de Monsieur MAMADI DOUMBOUYA, Président de la République, Chef de l’Etat et du Premier Ministre Amadou Oury BAH.
Je voudrais, avant toute chose, adresser mes sincères remerciements et mes chaleureuses félicitations à Monsieur le Recteur ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire pour leur disponibilité et leur engagement à accueillir cette importante activité de sensibilisation et de formation.Je salue également les magistrats du Tribunal pour enfants de Conakry et la représentante de l’ONG TERRE DES HOMMES, dont l’engagement constant contribue à renforcer la protection des enfants et la promotion d’une justice adaptée à leurs besoins et à leur vulnérabilité. Nous apprécions que le partenariat entre vos deux institutions produit des effets bénéfiques sur la protection des enfants en Guinée.
Mesdames et Messieurs,
La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui dépasse largement le cadre d’un simple exercice pédagogique. Elle constitue un acte citoyen, un engagement collectif et un message fort adressé à toute la nation.La simulation de procès à laquelle nous assistons aujourd’hui est une illustration concrète de la manière dont la justice protège l’enfant, non seulement lorsqu’il est victime, mais également lorsqu’il se trouve en conflit avec la loi. Elle permet aux étudiants de mieux comprendre les principes fondamentaux de la justice juvénile, notamment la protection de l’intérêt supérieur de l’enfant, le respect de sa dignité, la présomption de son potentiel de réinsertion et la nécessité de privilégier son éducation plutôt que sa stigmatisation.Un enfant n’est jamais un adulte en miniature, c’est un être en construction pour l’avenir d’une nation. Lorsqu’un enfant est abandonné, violenté, exploité ou privé de ses droits, c’est l’avenir même de la nation qui est menacé.
Mesdames et Messieurs,
Notre activité intervient dans un contexte particulier marqué par la célébration du Mois de l’Enfant, période symbolique et stratégique consacrée à la réflexion, à la sensibilisation et à la mobilisation en faveur des droits de l’enfant.Notre ambition est celle d’une Guinée où chaque enfant grandit dans la sécurité, la dignité et l’espérance.
Mesdames et Messieurs,
La République de Guinée a souscrit à de nombreux engagements internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’enfant. Ces engagements ont été transposés dans notre arsenal juridique, notamment le Code de l’Enfant qui constitue aujourd’hui l’un des instruments les plus importants de protection de l’enfance dans notre pays. Ce Code consacre des droits fondamentaux : le droit à l’identité, à l’éducation, à la santé, à la protection contre toutes les formes de violences, d’abus, d’exploitation, de traite, de mariage précoce et de discrimination.Cependant une loi, aussi moderne soit-elle, ne produit ses effets que lorsqu’elle est connue, comprise et appliquée. C’est pourquoi les activités de vulgarisation telles que celle que nous organisons aujourd’hui sont essentielles.Nous devons faire du Code de l’Enfant un outil vivant, accessible et connu de tous magistrats, avocats, policiers, enseignants, parents, leaders communautaires et étudiants.
Kindia : une tentative présumée de fraude au CEE 2026 conduit à…
Immersion au Tribunal de Kaloum : 101 étudiants de l’Université…
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais affirmer avec force que la protection de l’enfant demeure une priorité absolue du Gouvernement de la République de Guinée et particulièrement pour le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme.Il est évident qu’aucune justice ne peut être crédible si elle ne protège pas ceux qui ne peuvent pas toujours se défendre eux-mêmes. C’est pourquoi, nous poursuivrons nos efforts pour renforcer les mécanismes de protection judiciaire des enfants, améliorer la prise en charge des mineurs, tout en faisant du Tribunal pour Enfants la vitrine de la justice guinéenne, afin de promouvoir une justice plus humaine, plus accessible et plus protectrice.
Je tiens également à adresser un message clair ferme à tous ceux qui portent atteinte aux droits des enfants, en leur disant que les cas de violation des droits des enfants n’ont pas leur place dans notre société et que toutes les atteintes aux droits de l’enfant feront l’objet d’une réponse judiciaire rigoureuse, conformément aux lois de la République.
Chers étudiants, Je m’adresse particulièrement à vous qui serez les magistrats, les avocats, les enseignants, les chercheurs et les décideurs de demain.Note manuscrite intercalée : êtes le futur de ce pays.La défense des droits de l’enfant ne doit pas être perçue comme une question réservée aux spécialistes.
Elle doit devenir une culture, une conviction et un engagement partagé.Je vous invite dès maintenant à vous approprier le contenu du Code de l’Enfant, à développer une expertise en matière de justice juvénile et à devenir des ambassadeurs de la protection de l’enfance partout où vous serez appelés à servir. Car l’histoire d’une nation s’écrit dans la manière dont elle traite ses enfants.Chaque droit garanti à un enfant est un pas supplémentaire vers une société plus juste, plus forte et plus humaine.

Mesdames et Messieurs, Chers invités ;
En ce mois consacré à l’enfant, renouvelons ensemble notre engagement à bâtir une Guinée où aucun enfant ne sera laissé pour compte, où chaque enfant pourra grandir librement, apprendre sereinement et rêver sans crainte. C’est à cette condition que nous préparerons une nation prospère, stable et fidèle à ses valeurs de justice, de solidarité et de dignité humaine. Je ne saurais conclure mon intervention sans exprimer ma profonde gratitude à l’ONG TERRE DES HOMMES pour son soutien technique et financier constant. Son accompagnement indéfectible constitue un appui précieux qui renforce notre engagement et favorise la réussite de nos initiatives.
Vive les enfants de Guinée !
Vive la justice protectrice des droits de l’enfant !
Décryptage de Rama Fils, pour Lerenifleur224.com
