Meurtre de Joseph Dioubaté à Kamsar (Boké) : 10 ans de prison requis contre dame Brigitte Kolko Lamah

Le procès de Brigitte Kolko Lamah, accusée d’avoir occasionné la mort de son mari Joseph Dioubaté, s’est poursuivi vendredi, 24 janvier 2026, devant le tribunal criminel de Kaloum. Au cours des débats, l’accusée, qui est en détention depuis le 25 août 2024, a plaidé coupable des faits mis à sa charge tout en demandant pardon à la partie civile. Le ministère public, représenté par Issouf Fofana, a requis 10 ans de réclusion criminelle à son encontre, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

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C’est au mois d’août 2024 que l’acte s’est produit à Kamsar, dans la préfecture de Boké. Après l’acte, dame Brigitte a été mise aux arrêts et placée sous mandat de dépôt le 25 août 2024.

Son procès s’est ouvert le 16 janvier dernier, avant de se poursuivre aujourd’hui devant le tribunal de première instance de Kaloum. Elle est jugée pour des faits de coups et blessures, violences volontaires exercés sans intention de donner la mort, mais l’ayant cependant occasionnée.

Dans sa déposition, l’accusée plaide coupable des faits mis à sa charge. Elle a avoué avoir administré un coup de pied à la victime, au niveau de sa partie génitale, pour se défendre. Elle dit avoir regretté l’acte, tout en demandant pardon.

“Oui j’ai donné des coups au niveau de la partie génitale. Ces coups ont occasionné une blessure, et cela a entraîné sa mort. Je regrette l’acte et je demande pardon. Ce jour je suis rentrée à 2 heures du matin. On était en mauvais termes. Pour ne pas qu’il y ait bagarre, je suis sortie à zéro heure pour revenir à 2 heures. Je l’ai trouvé à la terrasse. Il m’a demandé où j’étais, il s’est jeté sur moi. On s’est bigarré. Je suis tombée, et lui, il est resté debout. Je lui ai donné un coup de pied, et il est blessé. Mais je n’avais pas l’intention délibérée de lui faire du mal. On a vécu ensemble pendant 11 ans, j’ai fait 4 enfants pour lui. Avant même qu’on se marie, j’avais fait un enfant pour lui. Je regrette l’acte”, a-t-elle expliqué devant le tribunal présidé par Fanta Alama Camara.

Cependant, la mère biologique de la victime, madame Tossany Loua, a expliqué au tribunal que son fils a été blessé par un coup de talon. Et c’est ce coup qui a causé la mort à son fils.

“Mon fils a été traumatisé, il a reçu un coup de talon au niveau de sa partie intime. Il s’est blessé, et la blessure a occasionné sa mort. Mon fils n’était pas violent”, a-t-elle dit.

Dans la phase des réquisitions et plaidoiries, le conseil de la partie civile, Me Laurent Diawara, a demandé au tribunal de condamner l’accusée au paiement d’un franc symbolique.

“Vous avez suivi les débats. Elle a avoué que c’est elle qui a occasionné la mort de son époux. Elle s’est fondue en larmes en demandant pardon. Mais est-ce que cette demande de pardon est sincère ? Nous voulons que la justice soit rendue. Condamnez madame Brigitte à un franc symbolique. Parce que même si elle paie des milliards, elle ne peut pas remplacer la vie du défunt”, a-t-il plaidé.

De son côté, le ministère public représenté par Issouf Fofana a fait savoir que les faits sont établis et ils sont imputables à dame Brigitte Kolko. Il demande au tribunal de la condamner à 10 ans de réclusion criminelle.

“Le pied n’est pas un objet pointu. Le pied n’est pas tranchant. Elle a utilisé un objet pointu et tranchant pour blesser son époux. Elle a reconnu quand même qu’elle a administré un coup. Et c’est ce coup qui a blessé, et c’est cette blessure qui a occasionné la mort de feu Joseph Dioubaté. Ce crime est imputable à madame Kolko Lamah. Les faits sont établis. Condamnez dame Brigitte Kolko à 10 ans de réclusion criminelle”, a requis le procureur Issouf Fofana.

La défense, quant à elle, soutient que dame Brigitte Kolko Lamah a répondu à une agression.

“Brigitte était agressée dans une bagarre. Et elle a donné ce coup en réaction à cette agression. Nous demandons votre clémence. Nous vous demandons de la condamner au temps mis. Si cela n’est pas suffisant pour vous, condamnez-la avec sursis. Elle a trop souffert”, a plaidé la défense.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le lundi 27 avril 2026.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com