Médias : la HAC fra
ppe fort après les tensions à la frontière guinéo-libérienne.

Le couperet est tombé. Réunie en séance plénière extraordinaire ce jeudi, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a pris des sanctions sévères contre deux plateformes d’information en ligne et leurs animateurs. En cause : un traitement médiatique jugé dangereux des récents heurts entre jeunes à la frontière entre la Guinée et le Liberia.
Des sites suspendus et des journalistes au ban
La décision de l’organe de régulation est sans appel. Les sites AFRICATUREMEDIA.COM et GUINEESOURCE.COM, ainsi que l’ensemble de leurs canaux de diffusion sur les réseaux sociaux, sont frappés d’une suspension de trois (3) mois.
Le régulateur ne s’est pas arrêté là. Deux acteurs clés de cette affaire ont été nommément sanctionnés :
Saa Édouard Tinguiano (Africature Media) ; et Foromo Lamah.
Tous deux écopent d’une interdiction d’exercer de six (6) mois. La HAC a notamment souligné qu’ils ne détenaient pas la carte professionnelle de presse, un manquement administratif qui vient aggraver leur cas.
Le « sensationnalisme » dans le viseur
Le grief principal retenu par le Collège de la HAC concerne la couverture des incidents survenus à Guéckédou. L’institution reproche aux mis en cause :
La diffusion d’images de violence en direct, ayant contribué à « attiser le conflit » entre les communautés de part et d’autre de la frontière.
Des propos incitant à la violence transfrontalière, mettant en péril la stabilité fragile de la zone.
Un traitement sensationnaliste de l’information, privilégiant le choc visuel au détriment de l’éthique journalistique.
‘’La liberté de la presse ne saurait être un laissez-passer pour l’irresponsabilité, surtout lorsque la paix civile et les relations avec nos voisins sont en jeu’’, semble marteler cette décision signée par le président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo.
Un rappel à l’ordre pour la presse numérique
Cette décision s’appuie sur un arsenal juridique rigoureux, notamment la loi organique de 2010 sur la liberté de la presse et celle de 2020 régissant le fonctionnement de la HAC. Elle marque aussi une volonté claire des autorités de réguler plus fermement l’espace numérique, souvent perçu comme une zone de non-droit.
En frappant le « relais » (Guineesource.com ayant été sanctionné pour avoir repris les contenus d’Africature Media), la HAC envoie un message limpide à l’ensemble de la corporation : la responsabilité éditoriale s’applique également au partage d’informations.
Mamadouba CAMARA,
Crise de liquidités et dérive identitaire en Guinée: Quand l’économie nourrit la stigmatisation (Par Alpha Camara)
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