Dissolution de 40 partis en Guinée : Makanéra Kaké applaudit la décision et invoque trois raisons majeures
La dissolution de plusieurs formations politiques en Guinée continue de susciter des réactions sur la scène nationale. Parmi les voix qui soutiennent cette décision figure celle de Alhoussein Makanéra Kaké, ancien ministre de la Communication et actuel président du Front national pour le développement (FND). Dans un message transmis sur les réseaux sociaux, il a livré son analyse de la situation en s’appuyant sur trois axes principaux.
Par ailleurs, le responsable politique affirme avoir choisi de prendre la parole pour apporter, selon lui, une lecture lucide du débat qui anime actuellement la classe politique guinéenne.
« Chers compatriotes, bonsoir. J’ai décidé de m’adresser à vous aujourd’hui depuis Kakandé Boké, chez moi, parce que j’ai constaté depuis quelques jours que le débat politique guinéen est dominé par la dissolution d’une quarantaine de partis politiques. Mais le devoir nous impose, en tant que patriotes, de ne pas céder à l’émotion. Il faudrait que nous soyons vraiment lucides et patriotes pour faire une analyse de cette situation.
Quant à moi, j’ai décidé d’analyser la dissolution de ces partis politiques par rapport à trois piliers : le premier pilier, c’est le cadre légal ; le deuxième pilier, c’est le cadre social ; et le troisième pilier, c’est le cadre économique.
Si je prends le premier pilier, le cadre légal, je vous prie de me croire — d’ailleurs je persiste et je signe — aucun des partis politiques dissous ne peut prétendre avoir respecté la loi organique de 1991 et la loi organique de 2005 fixant le régime des partis politiques en Guinée.
Vous me direz : « Pourquoi je parle de 1991 ? » Pour ne pas qu’on dise que le CNRD a fait voter une loi organique pour bâillonner les partis politiques. Faisons une petite analyse du cadre légal conformément à la loi de 1991.
Il est clair dans cette loi que les partis politiques sont des associations qui doivent fonctionner sur la base de cotisations. Et aucun parti politique ne doit recevoir de dons et de legs au-delà de 20 % de son patrimoine. Et avant de recevoir un don, il faudrait que cela soit accepté après l’information préalable du Ministère de l’Administration du Territoire.
Aujourd’hui, regardons le passé. Vous avez des partis politiques qui n’ont même pas un patrimoine de 50 millions, qui ont des sièges de milliards et qui financent des campagnes de milliards de francs guinéens. Ça, c’est de un.
De deux, aucun de ces partis politiques n’organise régulièrement et conformément aux statuts du parti leurs congrès. Même ceux qui ont tenté de faire semblant d’organiser le congrès, on dira que ça, c’est pas un congrès. Quand c’est une petite minorité qui décide qui doit être congressiste, qui paye le transport du congressiste, qui loge le congressiste, qui paye les frais du congrès et qui décide qui doit être élu et qui ne doit pas être élu… Même si vous êtes populaire, si le chef du parti n’est pas pour vous, vous ne serez même pas dans la salle.
Trois : les discours. Ce sont des discours de sédition. On demande à l’armée de prendre le pouvoir, on demande à la population de ne pas obéir à l’ordre établi, de ne pas respecter la loi. Et surtout, la caractéristique principale des discours, c’est l’ethnocentrisme, ce qui a fini par détruire le tissu social.
C’est pourquoi je dis, en toute honnêteté, je suis un homme, l’administration a été tolérante. Tout ce que je viens d’évoquer ici entraîne la dissolution des partis politiques, mais pas que seulement : ça doit entraîner la poursuite judiciaire, parce que ça, ce sont des faits prévus par le Code pénal et punis. Et je vous assure que ce sont des peines qui peuvent aller au-delà de cinq ans de prison. Donc si les partis ont été dissous seulement, nous dirons que l’administration a analysé avec beaucoup de circonstances atténuantes.
Si nous prenons le volet social : si les partis politiques ont été créés pour permettre aux Guinéens de se rassembler, pour être un atout pour le développement et le vivre-ensemble, si après 30 ans les partis ont contribué à élargir les fossés entre les ethnies en Guinée, leur dissolution doit être fêtée. Cette dissolution doit être souhaitée, fêtée, remerciée, saluée et félicitée. C’est pourquoi sur le plan social, la population — en tout cas celle qui aime le pays, qui aime la paix — elle est contente. Elle apprécie à sa juste valeur cette responsabilité prise par les nouvelles autorités pour permettre aux Guinéens de se rassembler et de faire en sorte que la Guinée soit un paradis.
Sur le plan économique, je vous dirai qu’il est naïf de croire qu’on peut faire la même chose et avoir un résultat différent. C’est pourquoi en supprimant les obstacles à la paix, les obstacles à l’unité, on renforce le cadre de développement du pays. Surtout quand on a la chance d’avoir à la tête du pays un homme qui est l’expression la plus achevée du patriotisme, un homme de vision. Je le disais tantôt que tous les projets au monde attendent leur jour et leurs hommes. Nous avons la chance aujourd’hui, la rencontre du jour et de l’homme pour développer ces projets. Le peuple de Guinée a l’obligation de créer la paix et la tranquillité pour voir la Guinée locomotive de la sous-région, pourquoi pas le paradis terrestre. Je vous remercie. »
Par cette prise de position, Alhoussein Makanéra Kaké se range clairement parmi les soutiens de la décision des autorités.
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