La voix de l’exil : Abdoul Sacko, porte-parole d’une opposition en alerte
À quelques semaines du référendum constitutionnel prévu pour le 21 septembre 2025, la tension monte en Guinée. L’opposition politique et plusieurs organisations de la société civile ont annoncé une série de manifestations à partir du 5 septembre pour dénoncer ce qu’ils qualifient de manœuvre antidémocratique visant à consolider le pouvoir du régime en place.
En réponse à cette mobilisation annoncée, les autorités ont récemment pris une mesure controversée en suspendant trois des principaux partis politiques du pays, accentuant encore un climat politique déjà très tendu.
Invité ce mardi 26 août sur les ondes de RFI Afrique Matin, Abdoul Sacko, coordinateur du Forum des forces sociales en exil, a exprimé son inquiétude face à la dérive actuelle. Selon lui, le processus engagé par le régime n’est en rien un retour à la normalité constitutionnelle.
« Ce qui reste clair, c’est que nous savons aujourd’hui qu’un processus biaisé est en cours en Guinée », a-t-il déclaré.
Il estime que le pays s’engage dans une voie hasardeuse, motivée non pas par un souci de restaurer la démocratie, mais par une volonté de maintenir coûte que coûte le pouvoir.
« C’est un processus de tâtonnements, non pas un retour à l’ordre constitutionnel, mais une aventure irréaliste de confiscation et de conservation du pouvoir. Cette aventure ne pourra pas aboutir. J’en appelle à la responsabilité, au bon sens et au patriotisme de ceux qui s’évertuent à engager le pays dans cette dynamique à faire le recul et à savoir raison garder », a-t-il lancé.
Interrogé sur l’opportunité d’un retour à l’ordre constitutionnel, Abdoul Sacko a nuancé son propos : ce retour ne saurait être salué s’il se fait en contradiction avec les principes fondamentaux de la démocratie.
« Le retour à l’ordre constitutionnel ne peut se concevoir en opposition aux principes et aux valeurs démocratiques. Et là, j’en appelle aux partenaires aussi : il ne faut pas qu’on ferme les yeux, il ne faut pas cautionner ce bâillonnement de la démocratie », a-t-il conclu.
Alors que le pays s’achemine vers un référendum décisif, les tensions entre pouvoir et opposition s’exacerbent, laissant présager un mois de septembre particulièrement agité. Face à ce contexte, les appels au dialogue, à la responsabilité politique et au respect des normes démocratiques semblent plus que jamais nécessaires pour éviter une nouvelle crise en Guinée.
Le Renifleur