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Procès Kassory : la patate chaude dans les bottes de Doumbouya – ou l’appel sans fin d’une justice sélective

  1. Procès Kassory : la patate chaude dans les bottes de Doumbouya – ou l’appel sans fin d’une justice sélective

Par-delà les murs d’une cellule et le vacarme d’un procès sans fin, une figure demeure debout, droite dans la tempête : Dr Ibrahima Kassory Fofana. L’intellectuel républicain, le bâtisseur discret de trois générations de cadres guinéens. De ses camarades de promotion à ses cadets comme Tibou Kamara, jusqu’aux jeunes technocrates qui administrent aujourd’hui le pays y compris parmi ceux qui participent à son acharnement judiciaire , Kassory a semé sans rien attendre en retour.

Il n’a jamais servi une ethnie, une caste ou un clan. Il a servi la compétence. Il a ouvert les portes aux méritants, quel que soit leur nom, leur origine ou leur croyance. Son péché ? Avoir trop bien fait. Avoir réussi là où tant ont échoué.

Aujourd’hui, le bienfaiteur marche seul face au mirage de l’ingratitude. Mais son isolement n’est qu’apparent : le regard de Dieu est sur lui. Car l’Éternel a promis soutien et élévation à ceux qui ont œuvré pour le bien sans haine ni calcul. Le juste trébuche, mais ne tombe jamais. L’histoire du prophète Youssouf n’est pas un mythe : elle est une clé de lecture des temps présents.

Le procès de Kassory est tout sauf judiciaire. Il est politique. Il est stratégique. Il est mesquin. Le gouvernail de cette affaire n’est pas entre les mains des juges, mais logé quelque part entre les murs du Palais Mohamed V. Si l’affaire reposait vraiment sur des accusations de corruption, alors les véritables pillards du Trésor public – ceux qui siphonnent aujourd’hui la Banque centrale, dilapident l’or, les diamants et la bauxite – seraient déjà sous mandat de dépôt. Or ils se prélassent dans le luxe et la provocation, s’enivrant dans des villas de milliardaires, pendant que celui qui a dessiné les bases de la réforme économique croupit entre quatre murs.

Sans Kassory, il n’y aurait pas eu Simandou 2040. Sans lui, les milliards d’aujourd’hui n’existeraient pas. C’est lui qui a structuré les circuits financiers qui permettent au régime actuel de se vanter d’une souveraineté économique toute relative. Et ce sont ces mêmes circuits qu’on tente d’effacer de l’histoire, en effaçant son nom.

Ce qui se joue ici n’est pas un simple procès. C’est une tentative de réécriture de la vérité, de liquidation morale de ceux qui, hier encore, incarnaient une Guinée debout. Il ne s’agit pas que de Kassory. Il s’agit du président Cellou, de Faya , de Dr Diané , de Damaro et de tous ces cadres , aimés ou contestés ,mais qui ont contribué, chacun à leur manière, à sortir des régions de l’enclavement, à redonner un sens à l’administration publique.

Instrumentaliser la justice pour humilier ses prédécesseurs est le signe des régimes faibles, incapables de bâtir sur des bases propres. Une justice qui se meut dans le mensonge est une montagne aux pieds d’argile : elle tient un temps, mais s’écroule à coup sûr.

Aux hommes et femmes qui vivent aujourd’hui sous le joug de l’intimidation, de la peur, de la surveillance permanente, sachez-le : ce n’est pas une fin. C’est une purification. C’est l’antichambre de la résurrection. Comme le phénix, les âmes justes renaîtront de leurs cendres. Les ténèbres sont souvent les plus épaisses à l’approche de l’aube.

L’histoire retiendra les véritables bâtisseurs. Et la lumière finira toujours par terrasser ceux qui gouvernent par l’ombre.

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