Hamed Bakayoko « Hambak » : Parti trop tôt mais il manque encore à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique
On pouvait l’aimer sans le connaître. La Côte d’Ivoire dont il était l’une des identités très respectées, et sans doute l’un des meilleurs ambassadeurs, était son pays, mais le monde fut sa patrie, sa conquête et son horizon personnels. Lui qui aimait tant la vie, le voyage et la rencontre avec les autres, ne voyait de limites à rien et rêvait de réunir tout le monde où que tu sois, d’où que tu viennes, le bon et le mauvais.
Hambak ne pouvait se coucher et se résigner à la déesse fatalité à Abidjan où il a vécu en héros anonyme, avant d’être un météore dans le ciel politique et dans les chaumières de sa Côte d’Ivoire natale. Un homme de cœur et de compromis qui, avant sa retraite définitive, a vécu de loin en observateur impuissant( lui l’acteur de toujours, faiseur de rois, inspiré et exalté) les derniers épisodes majeurs survenus dans son pays. L’arène politique ivoirienne portera toujours son empreinte personnelle, les joutes électorales à la mesure de son tempérament et de ses engagements n’auront plus la même saveur, ne connaîtront plus les mêmes couleurs et les authenticités qui lui étaient propres : égal à lui-même, personnage atypique, homme de tous les temps et de tous les combats.
HAMBAK SYMBOLE DE LOYAUTÉ ET DE FIDÉLITÉ À TOUTE ÉPREUVE
Rencontré Alassane Ouattara en 1995 un peu par hasard et comme cela arrive souvent dans la vie, par le biais d’un de ses vieux amis, depuis ce jour, il n’a jamais renoncé aux valeurs pour lesquelles il s’est battu aux côtés de son père et mentor jusqu’à son accession au pouvoir en 2011.
AIMONS-NOUS, SANS DÉTESTER PERSONNE
Hamed Bakayoko aimait les gens et a consacré le meilleur de lui-même dans la patience, la persévérance et une générosité de tous les instants. Et pourtant, pendant la maladie il a dû se sentir bien seul, n’a pu compter que sur ses propres efforts, son unique volonté de s’en sortir et continuer à espérer vivre. Hélas ! c’était le commencement d’une solitude que la vie trompe et la mort rappelle toujours.
Vivre si peu, Briller longtemps et se retirer trop tôt tel le destin singulier d’Hambak. Grand protecteur des faibles, que les puissants se disputaient. Plus vivant que mort, tu ne seras jamais seul, même dans la tombe, désormais la passerelle avec le temps et tous ceux qui t’ont connu et aimé, ton œuvre et ton action sera le lieu de pèlerinage de l’Amour.
Bon samaritain et baroudeur né, Dors en paix !