Le musicien malien Boncana Maïga s’est éteint à Bamako à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui un héritage majeur dans l’histoire de la musique africaine contemporaine. Compositeur, arrangeur, pédagogue et producteur, il aura façonné, durant plusieurs décennies, le son moderne du continent. Une disparition annoncée à Bamako.
Selon des sources familiales et officielles, l’artiste est décédé ce samedi 28 février dans une clinique de la capitale malienne.
« Notre père est parti à jamais », a déclaré un membre de sa famille à l’AFP. La Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) a rendu hommage à une figure « emblématique » dont l’influence a profondément marqué plusieurs générations de musiciens.Un formateur et révélateur de talents africains.
Au fil de sa carrière, Boncana Maïga a contribué à l’essor de nombreuses voix africaines. Il a notamment accompagné et produit des artistes de renom comme l’Ivoirienne Aïcha Koné et le Congolais Koffi Olomidé. Son travail d’encadrement et de transmission a fait de lui un véritable bâtisseur, attentif à faire émerger et structurer les talents du continent.
Le ministre malien de la Culture, Mamou Daffé, a salué la mémoire d’un homme dont la disparition représente « une perte immense pour le Mali et pour la culture africaine qu’il a portée à l’international ».Un parcours forgé entre Gao et CubaNé à Gao, dans le nord du Mali, Boncana Maïga s’est formé à Cuba dans les années 1960, dans le cadre de la coopération engagée par le président Modibo Keïta avec l’île dirigée alors par Fidel Castro. Cette immersion dans l’univers musical cubain a profondément nourri sa créativité.
L’héritage afro-latin de Las Maravillas.
De cette expérience est né le groupe Las Maravillas, formation afro-latine qui marquera durablement la scène ouest-africaine.
À travers ce métissage des rythmes et des influences, Boncana Maïga aura contribué à moderniser et internationaliser la musique africaine, inscrivant son nom parmi les grandes figures culturelles du continent.
