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au tribunal de première instance de Kaloum, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a publiquement mis en lumière une série de dysfonctionnements.

Retards chroniques, décisions fantômes, détenus extraits hors délai, magistrats aux abonnés absents. En déplacement au tribunal de première instance de Kaloum, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a publiquement mis en lumière une série de dysfonctionnements qui grippent le fonctionnement quotidien des juridictions.

Premier point de rupture : les décisions rendues… mais jamais rédigées. « Un autre goulot d’étranglement dans nos juridictions, les décisions ne sont jamais rédigées. À quoi ça sert alors de rendre les décisions ? On les rend pour les avoir », a-t-il lâché devant des magistrats visiblement interpellés.

Le constat est lourd de conséquences, selon lui. « Les parties viennent vers nous parce que nous constituons les derniers recours. Mais si c’est à notre niveau qu’ils ont beaucoup plus de problème, ça sert à quoi de recourir à la justice ? Qu’ils se rendent justice eux-mêmes ? »

Même sévérité sur la gestion du temps judiciaire. Audiences qui commencent tardivement, dossiers en attente, justiciables livrés à eux-mêmes. « Quand on ne respecte pas l’heure, c’est qu’on ne se respecte pas soi-même », a martelé le garde des Sceaux, appelant à une discipline minimale au sein des juridictions.

Mais c’est sur l’attitude de certains acteurs judiciaires que le ton s’est durci. « Un juge d’instruction qui est là, au lieu de faire son travail, c’est lui qui est dans les réseaux sociaux. Les justiciables sont là, ils sont en train d’attendre », a-t-il dénoncé. Avant d’enfoncer le clou : « Il faut qu’on quitte les réseaux sociaux. Ce n’est pas le lieu approprié pour le magistrat, ni pour les greffiers ».

Pour tenter d’endiguer ces pratiques, le ministre annonce un tour de vis. « Je vais dynamiser l’inspection des services judiciaires et pénitentiaires qui feront des inspections inopinées. Parce qu’on a besoin de ça. Il faut que ça change. Il faut qu’on travaille », a-t-il averti.

Autre maillon faible : l’extraction tardive des détenus depuis la maison centrale de Conakry, qui limite drastiquement le nombre d’affaires examinées chaque jour. Une réunion a été instruite pour en déterminer les causes.

Le ministre a également pointé des absences non justifiées au sein des juridictions. « Parfois, le chef de juridiction ne sait même pas », a-t-il affirmé, évoquant des déplacements non signalés. « Moi, j’ai dit que je ne reçois pas les magistrats là-bas, si ce n’est pas sur rendez-vous. Et le rendez-vous là aussi, il faudrait que le motif soit justifié ».

Au terme de sa visite, le message se veut sans détour : « Il faut accepter de travailler pour mériter nos salaires ». Une mise en garde claire, sur fond de promesse de suivi strict des instructions données.

Laguinee.info 

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