Accueil Actualité Audiences criminelles à Mamou : Quatre condamnations lourdes…

Audiences criminelles à Mamou : Quatre condamnations lourdes…

Audiences criminelles à Mamou : Quatre condamnations lourdes…

Les audiences criminelles du Tribunal de Première Instance (TPI) de Mamou ont débuté ce jeudi 26 février 2026, avec un total de 8 dossiers inscrits au rôle. La séance s’est déroulée dans la salle d’audience du tribunal, présidée par le juge audiencier Mamadou Yaya Sow.

Au terme de cette première journée, plusieurs décisions ont été rendues sur des affaires pendantes. Sur les 8 dossiers au rôle, 5 ont été évoqués : 4 décisions ont été prononcées, et 1 dossier a été mis en délibéré pour jugement le vendredi 27 février 2026, selon le parquet.

Voici les principaux dossiers évoqués :

– Djenaba Bah : Détention ND. Accusée de meurtre (art. 206 du Code pénal). Partie civile : Mamadou Maladho Diallo.

– Mamadou Yero Sow : Détention MD du 16/12/2025. Accusé de viol sur mineure (art. 268 du Code pénal et 818 du Code de l’enfant). Partie civile : Tiguidanké Sow.

– Alpha Mamoudou Barry : Détention MD du 07/05/2024. Accusé de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner (art. 243 du Code pénal).

Parties civiles : Adama Kourouma et Mamadou Diallo.

-Alassane Camara : Détention MD du 04/08/2025. Accusé de vol à main armée (arts. 373 et 381 du Code pénal). Partie poursuivante : Ministère public.

– Thierno Ibrahima Bah : Détention MD du 06/02/2025. Accusé de vol, tentative d’assassinat et détention illégale d’arme (arts. 18, 373, 208 et 848 du Code pénal).

Partie civile : Ibrahima Sory Barry.

– Boubacar Condé : Détention MD du 14/03/2024. Accusé de tentative d’assassinat (arts. 19 et 208 du Code pénal).

Partie civile : Amadou Diallo.

-Mamadou Baïlo Barry : Détention MD du 31/12/2025. Accusé de viol sur mineur (art. 818 du Code de l’enfant et 268 du Code pénal).

Partie civile : Abdoulaye Barry.

Les Décisions Rendues.

Le juge audiencier Mamadou Yaya Sow a prononcé les verdicts suivants sur place : Concernant Alhassane Camara, accusé de vol à main armée : »Voici la décision du tribunal. Le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement, en matière criminelle, et en premier ressort. Après en avoir délibéré, sur l’action publique, réqualifie les faits initialement poursuivis sous la qualification de vol à main armée, en complicité de vol à main armée. En conséquence, déclare Alhassane Camara coupable de ces faits. Pour la répression, le condamne à 10 ans de réclusion criminelle, met les dépends à la charge du condamné. Le tout en application des dispositions des articles 19, 20, 381 du code pénal, 378, 379, 380, 381, 533 et 548 du code de procédure pénale. Telle est la décision du tribunal. Toutes les parties, vous avez 15 jours pour relever appel contre cette décision, si vous n’êtes pas satisfaites. Merci. »

Pour Thierno Ibrahima Bah, accusé de vol, tentative d’assassinat et détention illégale d’arme : »Ministère public contre Thierno Ibrahim Bah, poursuivi pour vol, tentative d’assassinat et détention illégale d’armes. Pour cette autre affaire aussi, voici la décision du tribunal. Le tribunal, statuant publiquement contradictoirement en matière criminelle, et en premier ressort. Après en avoir délibéré sur l’action publique, déclare Thierno Ibrahima Bah non coupable des faits qui lui sont reprochés. Par conséquent, le renvoi de fin de la poursuite pour crime non constitués à son encontre. Ordonne sa mise en liberté immédiate s’il n’est détenu pour autre cause. Ordonne en outre la restitution des motos de marque APACHE RT 180 non immatriculés de couleur noire et TVS non immatriculés de couleur bleue placés sous scellés suivantes ordonnances numéro 26 en date du 6 février 2025 de Monsieur le juge d’instruction à Thierno Ibrahima Bah. Sur l’action civile, constate la non-comparition de la partie civile, mais les dépends à la charge du trésor public. Le tout en application des dispositions des articles 18, 373, 206, 848 du code pénal, 559, 544 et 549 du code de procédure pénale. Telle est la décision du tribunal. Toutes les parties, vous avez 15 jours pour rélever appel contre cette décision. Je vous remercie. »

Dans l’affaire Mamadou Baïlo Barry, poursuivi pour viol sur mineur : »Voici la décision du tribunal. Dans cette affaire, le ministère public contre Mamadou Baïlo Barry poursuivi viol sur mineur. Le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement en matière criminelle et en premier ressort, après en avoir délibéré, conformant à la loi sur l’action publique, déclare Mamadou Baïlo Barry coupable des faits de viol sur mineurs à lui reprocher. Pour la répression, le condamne à 5 ans de détention criminelle. Sur l’action civile, constate le désistement de la partie civile suivant lettre de désistement du 16 juillet 2025 enregistré au greffe du tribunal de ce siège sous le numéro 013. Mais les dépends à la charge du condamné. Le tout en application des dispositions des articles 818-819 du code de l’enfant, 25,116, 268, 269 du code pénal, 378, 379, 380 et 548 du code de procédure pénale. Telle est la décision du tribunal. Toutes les parties, vous avez 15 jours pour relever appel contre cette décision si vous n’êtes pas satisfait. Merci. » A prononcé le juge audiencier Mamadou Yaya Sow.

Au sortir de la salle, Me Lansana Koma, avocat au Barreau de Guinée et conseil de la défense, a commenté la journée : » Bon, avant de vous décrire d’abord les décisions rendues, je voudrais que vous constatiez avec moi que le crime est humain. C’est inné à la vie de l’homme. On a jugé, jugé, jugé, mais vous constaterez avec moi que chaque fois, on a d’autres crimes crapuleux. Le cas d’aujourd’hui, vous étiez là, donc vous avez pu constater. C’est d’ailleurs les cas d’incestes. Ce sont des crimes qui vont au-delà même du viol. Lorsque quelqu’un tombe sur sa propre fille, ou bien sur sa propre nièce, ou bien sur sa propre cousine. Vraiment, la société est atteinte. Donc, aujourd’hui, vous avez constaté qu’il y a eu d’autres dossiers qui ont été vidés, tels que le cas de Alhassane Camara, qui a un groupe avec lequel il opère la nuit. Donc, nous déplorons tous du fait que leur comportement a fait craindre tout le monde. Tout le monde indexe Mamou. Vous voyez ? Quand vous quittez Faranah, vous quittez Labé, la nuit, il faut que vous vous regroupez pour conduire les véhicules. Vous seul, vous ne pouvez pas rouler la nuit dans les environs de Mamou, parce que les coupeurs de route ont pris tout le monde en otage. Donc, vous avez vu encore le cas des autres, là où il y a eu de l’inceste, quelqu’un qui a violé sa fille adoptive et ce viol s’est révélé en une grossesse. Vous voyez, une fille de 11 ans qui n’a pas à tel âge de procréer. Donc, tout cela, ça nous ramène à beaucoup de réflexions, à la base, qu’on sensibilise non seulement les jeunes, mais encore certains vieux qui manquent de moralité. Vous voyez. Quand vous perdez votre femme, vous refusez de vous marier, et que vous continuez à passer la nuit dans une chambre avec vos toutes petites filles, c’est courir des risques. Vous êtes tenté de commettre l’inceste. Donc vous avez vu encore le cas de Thierno Ibrahima Bah vous avez vu, lui, il a bénéficié de l’acquittement. Parce que les faits qui ont été mis à sa charge ne tiennent pas. Ces faits n’ont pas été établis. Tantôt on dit qu’il a volé deux motos, tantôt on dit qu’il a tenté d’assassiner. Vous voyez, mais aucune preuve n’a été exhibée. Tantôt on dit qu’on l’a pris avec des armes. Aucune arme n’a été scellée. Donc vous voyez ? Dans tous les cas, moi je vais jouer mon rôle, je vais aller rencontrer mes clients. S’ils veulent qu’on continue à relever appel, on le fera. Mais on ne peut pas commenter une décision de Justice. Quand c’est rendu, c’est rendu. Quelle soit bonne ou mauvaise, on ne peut que s’en tenir à ce qui a été rendu. »

Le procureur Maurice Onivogui, s’exprimant sur ces audiences, a déclaré : »Effectivement, nous avons entamé une des sessions des audiences criminelles que nous faisons régulièrement ici au tribunal de première instance de Mamou. Aujourd’hui, on avait huit (08) dossiers au rôle, au rôle criminel, tous évoqués. Les infractions varient. Au premier dossier, la personne est poursuivie pour meurtre. Deuxième viol. Il y a des infractions de tentative d’assassinat et autres. Donc, au nombre des 8 dossiers qui étaient au rôle, nous avons pu évoquer 5 dossiers et nous avons eu 4 décisions. 4 décisions ont été rendues aujourd’hui à un dossier qui est mis en délibéré. Bon, c’est des bonnes décisions, nous n’avons pas trouvé le contraire. Les décisions sont bonnes pour nous parce que nous avons, la personne Alhassane Camara qui était poursuivi pour complicité d’assassinat, il a été condamné à 10 ans, et nous avons réquis 15 ans, donc on ne trouve pas de contraire, on ne compte pas relever appel contre ces décisions quand même. Bon, je l’ai dit depuis ma prise de fonction que je ferai tout ce qui est de mon pouvoir pour que les crimes ou le grand banditisme soient combattus avec la dernière énergie. C’est pourquoi régulièrement j’ai fait des réunions avec les officiers de police judiciaire, de la gendarmerie de la police. Pour que toutes les fois qu’ils soient informés de la commission d’une infraction, que je sois informé pour que les dispositions judiciaires soient prises. Et pour le moment, je suis satisfait de cette travail. C’est ce qui fait que nous avons, depuis ma prise de fonction, c’est la deuxième audience criminelle que nous avons organisée. Et le 9 du mois de mars, il y a encore une audience criminelle qui est prévue. Là, il y a cinq (5) dossiers qui sont prévus dans ce rôle. » At-il fait savoir.

Ces audiences criminelles, qui se poursuivent ce vendredi 27 février 2026 pour les dossiers restants, illustrent l’engagement résolu du TPI de Mamou dans la lutte contre la criminalité, marquée par des infractions graves comme les viols sur mineurs, les vols à main armée et les tentatives d’assassinat. Les condamnations prononcées, 10 ans pour Alassane Camara et 5 ans pour Mamadou Baïlo Barry ainsi que l’acquittement de Thierno Ibrahima Bah pour manque de preuves, soulignent l’équilibre entre sévérité et rigueur probatoire. Au-delà des verdicts, les appels à la sensibilisation lancés par les acteurs judiciaires rappellent l’urgence d’une éducation morale et d’une coordination accrue entre forces de l’ordre et parquet. Dans un contexte où la grande délinquance mine la sécurité régionale, ces sessions régulières préfigurent une justice proactive, appelée à dissuader les crimes futurs et à restaurer la confiance des citoyens dans les institutions.

Ibrahima Kindia Soumah pour avenirguinée.org

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