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Boké, terre des promesses non tenues : Quand la jeunesse respire la poussière et le désespoir.

Boké, cette fameuse « zone économique spéciale », continue de ressembler à un terrain vague de promesses non tenues. Malgré la présence de plusieurs sociétés minières, la jeunesse de la commune semble coincée dans un cul-de-sac d’opportunités manquées. Pour ceux qui pensaient que l’exploitation minière se traduirait par un épanouissement local, la réalité est tout autre. Oumar Bah, le président de la jeunesse communale, a décidé de briser le silence et de dénoncer la situation désastreuse à laquelle fait face sa génération.

Le manque d’opportunités d’emploi, le désespoir face à l’absence de formation et la sensation d’être constamment laissé pour compte sont au cœur des préoccupations des jeunes de Boké. « Les jeunes de Boké sont dans une lutte constante pour trouver des opportunités, mais la réalité est que le système n’offre aucune chance d’évolution », déclare Oumar Bah. La jeunesse locale semble condamnée à se contenter des miettes, même quand la région regorge de ressources naturelles. Les promesses d’emplois décents et d’un avenir meilleur n’ont été que des mirages, sans véritable impact sur le quotidien des jeunes.

Mais la situation ne s’arrête pas là. La poussière est devenue l’élément incontournable de la commune, une poussière fine qui s’infiltre dans les poumons de tous, avec des conséquences sanitaires préoccupantes. Les travaux de réhabilitation des routes, censés résoudre ce problème, sont en pause depuis plusieurs mois, et la saison des pluies ne fait qu’aggraver la situation. « Les routes sont dans un état catastrophique, et pendant la saison des pluies, les travaux ont été interrompus. Résultat : on étouffe dans la poussière, et personne ne semble s’en soucier », ajoute Oumar Bah. Non seulement la poussière est omniprésente, mais elle se charge aussi des poussières toxiques venues des activités minières, menaçant la santé publique.

Le président de la jeunesse de Boké n’a pas mâché ses mots : il appelle les autorités locales à « se ressaisir » et à accélérer les travaux. Mais entre nous, peut-on vraiment espérer que quelque chose change dans un endroit où la poussière et la chaleur semblent faire plus de bruit que les promesses d’action des autorités ?

Il est également de son devoir de rappeler que la jeunesse de Boké mérite plus que des discours vides. Il souhaite que le président de la transition vienne « constater de ses propres yeux » la réalité du terrain. Bien que l’idée d’une visite présidentielle semble presque utopique dans ce contexte, la demande est claire : les jeunes de Boké méritent d’être vus et entendus.

Le temps des demi-mesures est révolu. Si Boké veut réellement se positionner comme un moteur économique, il est impératif que les autorités locales passent à l’action. La jeunesse de cette région, déjà durement frappée par le manque d’opportunités, n’a plus de place pour attendre. À moins que l’objectif ne soit de transformer cette zone minière en zone de frustration.

De Boké, Ibrahima Alhassane Camara, pour Laguinee.info

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