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Une mort qui interpelle les vivants

Le Général Sadiba Koulibaly est décédé. Une nouvelle sans doute triste qui soulève une vive émotion dans l’opinion, et à juste titre, parce que tout est allé si vite dans des circonstances qui restent à élucider qu’on ne peut être gagné que par l’effroi et l’incompréhension. Qu’on l’ait aimé ou retienne des griefs et rancœurs à son encontre, peu importe, il avait droit de vivre comme chacun et ne mérite pas de finir ainsi, comme ça.
L’événement grave que constitue sa mort brutale et troublante interpelle à propos aussi bien de l’exercice du pouvoir en Guinée que de la difficulté pour le pays à réussir à se libérer de ses vieux démons qui ont pour nom: la psychose du complot, la vassalité et la versatilité de promus à des postes, accidentellement, la corruptibilité d’une bonne partie de supposées élites qui n’ont d’yeux que pour le pouvoir, de conscience que leurs intérêts du moment, la vulnérabilité des dirigeants à leurs propres tentations et aux hypocrisies de leurs “proches”, soutiens, collaborateurs et amis des bons jours.
Le Général Sadiba Koulibaly a lui aussi fait l’expérience qui lui a été fatale d’une Guinée où quand on est au sommet, on est considéré comme un Dieu et quand les malheurs arrivent, on ne peut plus compter sur personne. On se souvient qu’il fut craint et courtisé, on se rappelera toujours que pendant sa traversée du désert qui est un extraordinaire revers de fortune, il n’était plus que l’ombre de lui-même, ignoré et oublié de la plupart de ceux qu’il a contribué à faire et a parfois, tout simplement, fabriqué. C’est dans cet état peu enviable de déchéance et d’isolement qu’il nous quitte, pour trouver refuge auprès de Nephthys, la déesse de la mort qui est juste et équitable, ne rejette personne, aime chacun.
Paix à son âme !

Thierno Hassan Sakho

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